Covid-19 en Outre-mer : Philippe FOLLIOT interroge le Gouvernement

| 10 AVR. 2020 |

Ce mardi 7 avril, a été publiée au Journal Officiel une question écrite adressée par Philippe FOLLIOT à la ministre des Outremers au sujet de la propagation du virus Covid-19 dans les départements et régions d’outre-mer Français.

Toujours impliqué pour la défense et la reconnaissance de ces territoires bien spécifiques de notre République, le député tarnais demande à la ministre de faire un point, territoire par territoire, sur l’avancée du virus et de la prise en charge des malades, bien plus complexe dans certains de ces territoires que dans l’Hexagone (comme en Polynésie Française où il n’y a qu’un seul centre hospitalier pour 118 îles !).

Articulant cet intérêt de longue date pour les populations ultramarines avec sa présence ininterrompue depuis 18 ans en Commission de la Défense nationale et des forces armées, Philippe FOLLIOT interroge aussi la ministre sur le déploiement de l’Opération Résilience dans des territoires où la solidarité interrégionale prend des modalités forcément différentes de celles que nous voyons à l’œuvre sur le continent.

M. Philippe Folliot attire l’attention de Mme la ministre des outre-mer sur la situation dans les départements et régions d’outre-mer liée au Covid-19. « Déjà fragile, l’outre-mer craint le pire. » Ce titre d’un article paru récemment dans la presse quotidienne régionale inquiète. Pire, il alarme. En effet, depuis de nombreuses semaines, le pays doit faire face à une pandémie qui touche l’ensemble du territoire, dont les départements et régions d’outre-mer, qui subissent une « situation spécifique » et comptent plus de 550 cas à ce jour. Dans l’océan Indien, La Réunion et Mayotte sont les territoires aujourd’hui les plus touchés. La Réunion a désormais passé le stade des 183 cas identifiés et doublé sa capacité de lits de réanimation. Mayotte, qui a dépassé les 50 cas, doit faire face à une situation extrême où près de la moitié de l’habitat est constitué de cases en tôle. Ces deux territoires, qui sont depuis une semaine passés en stade 2, affrontent ainsi une double épidémie (Covid-19 et dengue) et se préparent à affronter une possible crise sanitaire. En Guadeloupe, les autorités de santé dénombraient 106 cas confirmés avec un décès et 23 patients hospitalisés. Alors que, déjà avant la crise, la santé était un sujet préoccupant, aujourd’hui, le système accuse le coup. Le matériel est insuffisant. Et les professionnels de santé demandent la commande rapide de tests ainsi que des doses nécessaires au traitement de symptômes de ce virus. De plus, l’accès à l’eau courante est une problématique plus que préoccupante. Les réseaux sont vétustes et la distribution difficile à mettre en œuvre. Dès lors, effectuer le plus simple des gestes barrières, se laver les mains, est un exploit. En Polynésie, 35 cas ont été confirmés mais la situation évolue d’heure en heure. Depuis le confinement général, ce territoire s’est refermé sur lui-même. Alors qu’il compte 118 îles, dont 76 habitées, l’épidémie pourrait devenir une catastrophe. Seule Tahiti possède un centre hospitalier, aux capacités humaines et matérielles limitées. Les îles les plus éloignées, elles, ne disposent d’aucune structure médicale ni même de médecins. Ainsi, au-delà d’une crise économique terrible (le tourisme étant la première richesse du territoire), on ne peut là aussi que redouter une crise sanitaire majeure ! Dans ce contexte, le Président de la République, à travers l’opération Résilience, a annoncé de nombreux renforts. Le porte-hélicoptères « Mistral » sera ainsi déployé dans l’océan Indien. Le « Dixmude », mis à disposition par la ministre des armées, sera envoyé et installé entre les Antilles et la Guyane afin de transporter 20 000 tonnes de matériels et accueillir plusieurs malades. Le Premier ministre, lui, a évoqué le renforcement des moyens hospitaliers (lits de réanimation et respirateurs), la mobilisation de la réserve sanitaire et le recours à des médecins diplômés hors Union européenne. On ne peut que se féliciter de cette décision  même si, selon M. le député, le Pacifique ne devrait être oublié ! Aujourd’hui, la Nation doit faire face et accompagner tous les territoires. Dans ce cadre, il souhaiterait lui demander si, face à cette situation difficile, un passage en stade 3 des territoires ultramarins est envisageable ; quels sont aujourd’hui les moyens et dispositions d’anticipation et de gestion de cette future crise sanitaire ; comment, avec l’opération Résilience, peut s’articuler la solidarité interrégionale, plus difficile à mettre en œuvre dans ces territoires, et notamment l’évacuation des cas les plus graves vers la métropole évoquée par le Premier ministre.

Covid-19 en Outre-mer : Philippe FOLLIOT interroge le Gouvernement