Pérégrinations autour d’un mot : LIBERTÉ

| 25 MAR. 2020 | 

« Liberté, liberté chérie… conduis, soutiens nos bras vengeurs… » entonnèrent les révolutionnaires venant de Marseille, cet hymne qui plus tard allait devenir… national !

La Révolution Française est fille des Lumières. Il y a 230 ans, la France a signé un pacte multiséculaire avec la LIBERTÉ et, depuis, celui-ci ne s’est jamais délité. Au nom de la liberté, le peuple de France a depuis fait d’autres révolutions, mené bien des combats, organisé la Résistance, engrangé nombre de réformes, voté moultes lois…

Justement, la loi d’urgence sanitaire votée la semaine dernière à l’unanimité par le Parlement peut, à bien des égards, être considérée comme liberticide ! Comment nous, représentants du peuple de France, pouvons-nous en arriver à restreindre de la sorte nombre de libertés individuelles ou collectives, comme celles de se déplacer, de se réunir, de manifester, d’entreprendre… Comme dit l’adage, « à situation exceptionnelle mesures exceptionnelles », et ce pour faire face à une terrible guerre, mais cela ne veut pas dire que pour autant on doit retomber dans les affres de la dictature, même au nom de la liberté, comme du temps de Robespierre.

En fait il y a dans toute démocratie des moments où il est nécessaire de restreindre par consentement certains droits fondamentaux pour faire face à des situations de crise hors-norme. Face au virus, les mesures techniques (confinement…) sont, partout, les mêmes, dans les régimes dictatoriaux et autoritaires comme dans les démocraties. La différence fondamentale se joue dans le vouloir des populations, si ces mesures sont subies là-bas, elles le sont souvent par habitude ou fatalité, ici, elles devraient l’être avec beaucoup plus de prise de conscience et de consentement !

Ne nous y trompons pas : de la capacité de nos gouvernements démocratiques à faire face à cette crise sanitaire sans précédent se joue à certains égards la survie de notre système démocratique. Les populistes sont à l’affut et les autoritaires derrière eux. S’il s’avérait que la réponse de ces derniers soit plus efficace et in fine protectrice des populations, ces dernières pourraient être tentées de se jeter dans les bras de l’aventure populiste avec des degrés et strates allant des Etats-Unis trumpistes jusqu’à l’absurdité dictatoriale symbolisée par la Corée du Nord !

Finalement, le temps de cette crise sans équivalent, la meilleure façon de défendre la liberté pour le moment c’est de… rester chez soi !

Amitiés,
Philippe FOLLIOT

Pérégrinations autour d’un mot : LIBERTÉ