Défense : priorité nationale !

Edito de la Lettre d’information n°126 du vendredi 22 mars 2013

A l’heure où sortent dans la presse des scénarios dits Y ou Z catastrophiques ou apocalyptiques pour la défense et la sécurité de notre pays, et donc de nos concitoyens, il me paraît essentiel de rappeler quelques axes, principes, valeurs et données qui forgent notre République et sa souveraineté. Si l’on croit qu’être membre du Conseil de sécurité des Nations Unies avec ses droits et ses devoirs ; que véhiculer des valeurs universelles de liberté, de démocratie et de droits de l’Homme ; que promouvoir notre modèle culturel et la francophonie ; que défendre nos intérêts économiques, stratégiques et énergétiques et que d’assumer la sécurité et la souveraineté, a minima au-delà du seul territoire métropolitain, en Outre-mer et dans le deuxième domaine maritime mondial, est important, alors il faut se lever et dire que ces ambitions ne peuvent aller de pair qu’avec une défense globale, crédible et pérenne, que nous perdrons avec un budget inférieur au socle minimal de 1,5 % du PIB.

Ce qui va se jouer, ce n’est pas uniquement la perte de 50 000 postes supplémentaires dans la défense (sans compter 20 000 licenciements dans l’industrie de la défense), la fermeture de nombreuses bases et casernes laissant des territoires en déshérence, la perte de capacités d’autonomie de renseignement, de projection, de différenciation des forces ou de dissuasion… c’est la grandeur et l’honneur de la France ! Nos amis britanniques peuvent en témoigner, toute perte de capacités et de compétences n’est pas temporaire mais quasi définitive. N’oublions pas que la défense, dans l’indispensable effort partagé de redressement des finances publiques, a déjà été mise beaucoup plus à contribution (moins 54 000 postes sur la Loi de Programmation Militaire en cours) que les autres secteurs civils qui pourtant représentent 54,5% des 56% du PIB consacrés à la dépense publique. Moins 20% sur 1,5% du total ne représentera in fine que peu de choses. La défense est le premier recruteur de notre pays. Son rôle d’ascenseur social est connu et reconnu, et, avec ces nouvelles baisses d’effectifs, ce sont des dizaines de milliers de jeunes, souvent issus de quartiers difficiles et peu qualifiés, qui resteront « sur le carreau ». Avec 5,5 milliards d’euros d’excédent commercial, l’industrie de la défense compte parmi les plus gros exportateurs. Elle est stratégique pour notre souveraineté, avec l’indispensable socle d’achats domestiques pour nos propres besoins, et capitale en matière de recherche et développement au caractère souvent dual militaire / civil.

Dans un monde toujours plus instable et incertain où beaucoup se réarment, l’Europe baisse dangereusement la garde, la France faisant jusqu’à maintenant figure d’exception. Enjeu de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme, l’opération SERVAL au Mali comme HARMATTAN en Libye ou notre engagement en Afghanistan et partout dans le monde ont montré que la France a, pour un coût très raisonnable, un outil exceptionnel d’affirmation, d’efficacité, de rayonnement et de grandeur avec des militaires d’un professionnalisme exemplaire et des matériels de qualité.

Puisse le Président de la République ne pas oublier qu’il est le chef des Armées, garant de l’unité nationale, à laquelle centristes nous sommes très attachés, et ne pas prendre, à la veille d’un crucial conseil de défense, des décisions irréversibles et catastrophiques pour l’avenir du pays.

 

Amitiés

Philippe FOLLIOT

Défense : priorité nationale !