Conseil Municipal de Castres : l’ensemble de l’opposition quitte la séance

Lors du dernieCastres ensembler Conseil Municipal du 14 décembre 2010, après la lecture interminable des décisions que le Maire, M. Bugis, a prises seul, sans les présenter et en débattre au sein de l’assemblée municipale, j’ai voulu dénoncer, avec le Groupe Castres Ensemble, les dysfonctionnements lourds qui s’apparentent de plus en plus à un déni de démocratie.

Sur la forme d’abord, la pratique du pouvoir qui est celle de M. Bugis réduit à la portion congrue la vie démocratique de notre ville : seulement quatre réunions du Conseil Municipal par an (le strict minimum légal), aucune invitation aux manifestations officielles de la Mairie pour les membres des groupes minoritaires (cf. inauguration du marché de Noël, visite du Musée Goya par Frédéric Mitterrand), le député interdit de prise de parole lors des événements publics en Ville, aucune information aux membres du Conseil sur les grands dossiers de la Ville et en particulier sur le contentieux avec la Lyonnaise (ce n’est qu’une semaine après le Conseil du 21 septembre que nous apprenons par la presse des informations cruciales sur l’avis de l’expert chargé du contentieux par la justice qui évalue à 29 millions d’euros le préjudice !), courrier sans réponse sur ma proposition de réunir les présidents des groupes pour faire le point sur ce dossier, etc.

Malgré cette liste accablante d’atteintes à l’esprit républicain, nous avons franchi une étape supplémentaire lors de ce dernier Conseil. Dans la longue liste rendant compte des décisions prises par le Maire, nous avons découvert, stupéfaits, au milieu de décisions relatives aux affaires courantes, l’achat de l’ancienne Poste (800 000€), les travaux de la placette Zola (294 000€), l’installation de la vidéo-protection (949 000€) et, cerise sur le gâteau, un emprunt de 17 millions d’euros pour des investissements sur une période 2010-2013, sans plus de précision. Sur ce dernier point, M. Bugis engage notre ville, déjà très fortement endettée, pour une trentaine d’années, jusqu’en 2043, et nous ne savons même pas quels projets il entend ainsi financer ! Pire encore, alors que je l’ai interrogé sur ce point précis, M. Bugis n’a pas daigné répondre sur le fond, à savoir la finalité de ce nouvel emprunt, évoquant seulement l’opportunité de taux d’intérêt avantageux aujourd’hui. M. Bugis a donc des dons de divination pour anticiper ainsi l’avenir ; mais, en termes de légalité, on ne peut que s’interroger sur un emprunt destiné à financer des projets qui n’ont pas encore été budgétisés et encore moins votés…

Tous ces éléments montrent clairement la perversion d’un système qui permet au Maire de Castres d’échapper à tout débat sur l’avenir de la Ville et, plus grave encore, à tout contrôle par le Conseil Municipal (et, à travers lui, par la population castraise) de ses décisions. Mes fonctions m’amènent à rencontrer de nombreux Conseillers Municipaux de grandes villes, et je n’en connais pas un seul, de la majorité comme de l’opposition, qui puisse témoigner de pratiques semblables.

Afin de marquer mon opposition à cette dérive et alors que M. Bugis me refusait la parole, j’ai donc décidé hier soir de quitter la séance du Conseil Municipal suivi par les autres groupes de l’opposition. Pour la suite, j’appelle solennellement M. Bugis à un sursaut républicain et je me réjouis que tous les groupes d’opposition, malgré des sensibilités politiques opposées, se retrouvent autour de cette conviction commune qu’il faut une meilleure pratique démocratique à Castres.

 

Conseil Municipal de Castres : l’ensemble de l’opposition quitte la séance
Tagged on: