Editos

Sus aux salauds

C’est un cri du cœur, un cri de colère que j’ai en tant qu’homme mais aussi élu de la République que je veux pousser concernant le scandale sociétal des discriminations, harcèlements et violences faites aux femmes.

Autant, je défends le jeu de la séduction qui est dans la nature humaine en général et latine en particulier, autant l’abus de pouvoir, l’abus d’autorité de « pseudos mâles » qui profitent de la faiblesse de leurs victimes pour enclencher leur sinistre prédation me révulse.

Certains me diront que la limite séduction/harcèlement n’est pas claire ; ils ont tort, au contraire, elle est très limpide. C’est le libre arbitre de celle (ou celui) qui subit des avances et sa possibilité de dire NON. Une main retirée, un propos recadré, un regard détourné, autant de signes clairs du non consentement qui devraient stopper net toute velléité car si cette limite est franchie, il n’y en a plus ou presque. Le surmoi s’efface et le morbide harceleur se déchaine, profitant de sa position hiérarchique le plus souvent dominante, pour abaisser, puis humilier et enfin se venger de sa victime. En fait, c’est une forme de déni d’Humanité auquel on assiste, l’autre étant relégué dans une négation de sa volonté, de sa dignité et de son être pour ne rester aux yeux du lâche harceleur que « femme objet ».

Que la parole là aussi se libère comme cela a été précédemment le cas contre la pédophilie, les violeurs intra-familiaux, la corruption … cela montre que nous sommes dans une société qui avance et murît. Bien entendu, il faut se garder de toutes généralisations, tous les hommes ne sont pas des salauds ni toutes les femmes des victimes. Certes la judiciarisation à outrance des rapports humains n’est pas une bonne chose mais l’omerta des status quo en la matière est fondamentalement insupportable.

Cet éclairage salutaire sur ces honteuses pratiques ne doit pas être un feu de paille mais l’occasion d’une prise de conscience collective non pas pour clouer au pilori médiatique tel ou tel, mais simplement pour que justice légitime soit faite. La reconstruction des victimes passe aussi par là !

Amitiés.

 

Philippe FOLLIOT

J’assume !

GazLe mardi 10 octobre 2017, j’ai voté contre le projet de loi sur la fin de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures en France.

J’assume et j’approuve les choix de la France tant du Grenelle de l’environnement que de la Conférence de Paris sur le Climat pour réduire la part de nos énergies carbonées voire à terme les supprimer au profit d’énergies propres et renouvelables.

J’assume de voter contre cette hypocrisie dans la loi qui prévoit la fin de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures d’ici 2040 sans pour autant en interdire leurs importations. En plus de ne pas pouvoir bénéficier de nos ressources propres, nous continuerons à être totalement dépendants de celles issues des pays exportateurs. Pour moi, le courage et la cohérence, c’est que la dernière goute de pétrole ou de gaz consommée devrait être produite en France plutôt qu’importée.

J’assume car Nicolas HULOT, Ministre de la transition écologique et solidaire, a conclu son propos en séance publique par la nécessité de « l’indépendance énergétique » de la France. Selon moi, l’ambition initiale du texte n’est pas en cohérence avec la dépendance énergétique que nous entretenons et amplifions là.

J’assume cette position car nul ne sait aujourd’hui quelle sera la situation géopolitique du monde en 2040. Se délester de la possibilité de rechercher voire exploiter sans avoir cet élément-là est dangereux et pourrait avoir des conséquences désastreuses pour notre pays.

J’assume la nécessite de ne pas sacrifier les savoir-faire et emplois en jeu dans cette filière et je regrette l’inconfort de cohérence de situation dans lequel va se trouver un groupe français, troisième pétrolier mondial.

J’assume la cohérence de mes positions. La situation sera analogue à celle que l’on connaît déjà pour les plantes génétiquement modifiées : en 2005, Vice-Président d’une mission sur les OGM, j’avais déjà dénoncé l’absurdité et l’incohérence du projet qui interdisait de la même façon la recherche et la production sur le sol national mais pas l’importation. Des millions de tonnes de tourteaux de soja génétiquement modifiés finissent ainsi hypocritement dans nos assiettes.

J’assume car le candidat Emmanuel MACRON, pendant la campagne présidentielle, revendiquait sa liberté de ton et son franc parler. Aujourd’hui, j’en fais de même. Je reste un député libre, qui, après s’être exprimé en primeur devant son groupe, vote en adéquation avec ses valeurs, et je m’attacherai à garder cette attitude tant que je serai élu.

Enfin, j’assume car cette interdiction revient à retirer aux prochaines générations la perspective de faire leurs propres choix en leur laissant la possibilité, si nécessaire, de jouir des ressources que nous possédons. Le cas exemplaire des îles Eparses et de l’océan Indien se pose. A Juan de Nova, dans le Golfe du Mozambique, le sous-sol regorge de gaz, plus propre des énergies carbonées. Le Canal du Mozambique est aujourd’hui vu comme la « prochaine mer du Nord en puissance ». Ses ressources liées à une possible exploitation pourraient servir la croissance et le développement des territoires français du sud de l’Océan Indien et financer un ambitieux projet d’autonomie énergétique renouvelable de ces territoires, et pourquoi pas alimenter un fond de développement des énergies renouvelables en Afrique. Avec cette loi, nous abandonnons cette option que ne sous-estimeront, eux, nos voisins que sont le Mozambique ou Madagascar avec des conséquences environnementales sur lesquelles nous serons sans prises.

Pour toutes ces raisons, j’ai voté, en mon âme et conscience, contre ce texte. Député libre et responsable, je l’assume pleinement.

La voix de la France comptera !

Le monde tire-t-il les leçons du passé ? Alors que les signes de tensions internationales se font de plus en plus forts que le multilatéralisme issu des deux dernières guerres mondiales est remis en question, que le terrorisme frappe toujours et partout, la France doit-elle conserver une voix singulière ?

A l’instar du discours prononcé par le Président de la République Emmanuel MACRON jeudi dernier à la tribune des Nations Unies, je crois que oui. Nous ne devons pas nous résoudre à peser 1%, notre poids démographique, dans les affaires du monde ! La France, au-delà des lourds enjeux de la francophonie et de ses formidables perspectives de développement en Afrique, doit retrouver le rang qui est le sien pour une action et une parole libres et équilibrées.

Alors que les Etats-Unis de Monsieur TRUMP se lancent dans un isolationnisme regrettable et brouillon, que la Russie de Monsieur POUTINE « relève la tête » et « bombe le torse », que la Chine de Monsieur JINPING avance aussi pernicieusement qu’efficacement ses pions et que les émergents émergent… la voix de la France doit compter !

La voix de la France comptera d’autant plus qu’elle aura engagé son redressement intérieur, qu’elle se sera réformée, aura rétabli l’équilibre de ses comptes publics et, à cela, le Gouvernement s’y attache comme aucun autre depuis des décennies.

La voix de la France comptera d’autant plus qu’elle sera aussi celle d’une Europe unie et volontaire capable de surmonter ses égoïsmes pour, en commun, additionner volontés et moyens pour enfin peser de la force de l’Histoire certes, mais aussi de la vraie réalité du moment de ce continent qui ne devrait n’avoir de vieux que le nom …

La voix de la France comptera d’autant plus qu’elle sera singulière et équilibrée, qu’elle défendra les grands principes du multilatéralisme mais aussi et surtout « l’esprit des Lumières » qui fait qu’elle s’engagera à soutenir les chrétiens d’Orient comme les Rohingyas en Birmanie ou la cause tibétaine …

La voix de la France comptera d’autant plus qu’elle retrouvera ses inspirations Gaulliennes faites de vision, d’équilibre, de souplesse et de fermeté, loin d’un atlantisme sans dynamisme qui a trop caractérisé ces dernières années. Nous devons être fermes face aux folles provocations nord coréennes, nous devons retrouver cette spécificité qui ferait que dans « cet Orient » compliqué, nous soyons à même de parler à tout le monde, aux Palestiniens comme aux Israéliens, aux Iraniens comme aux Saoudiens…

La voix de la France comptera d’autant plus qu’elle sera ouverte et généreuse, accueillante à sa juste proportion des migrants en demande d’asile, attractive pour les touristes et rayonnante de par sa culture et la création artistique …

La voix de la France comptera d’autant plus qu’elle sera « en marche » vers les mille sentiers de l’avenir, forte de son passé, ambitieuse pour son futur.

Amitiés.

Philippe FOLLIOT

Nouvelle législature

Je vais être franc avec vous, cette législature qui vient de s’ouvrir s’annonce sans commune mesure avec les trois autres que je viens de vivre.

Tout d’abord, par l’acuité des problèmes à venir et la nécessité de répondre, enfin, aux vrais défis du pays tel que le Président de la République les a fort justement analysés puis traités dans le cadre de la campagne présidentielle. Plus qu’une obligation de moyens, c’est une obligation de résultats que nous avons pour redresser le pays, faute de quoi, c’est la folle aventure des extrémismes qui risque de s’offrir à nous.

Si le profond renouvellement de l’Assemblée (74% de nouveaux députés, record de la Vème République) et la féminisation (42% d’élues) sont de très bonnes choses, nous sommes face à une nouvelle génération de parlementaires comparable à nulle autre.

Devenir Député et à fortiori Sénateur était l’aboutissement d’un long processus initiatique politique (maire, conseiller départemental, conseiller régional…), professionnel, associatif ou syndical. Aujourd’hui, notamment de plus en plus jeunes, des élus arrivent aux responsabilités en n’ayant fait que de la politique comme assistants parlementaires, conseillers dans les cabinets ministériels ou permanents de partis. Ce sont des professionnels de la politique et parfois jusqu’à la caricature. Avec le non cumul des mandats, qui est une réforme dont nous n’avons pas encore « apprécié » les effets pervers, la diminution d’un tiers des circonscriptions, la mise en œuvre d’une dose de proportionnelle, c’est le lien au territoire qui va se retrouver très fortement altéré, avec le risque d’avoir des élus totalement hors sol, coupés des réalités sociales et économiques du pays. Avec une vague quelle qu’elle soit, une élection peut être facile. Réélu trois fois, je peux témoigner que garder la confiance des électrices et des électeurs est plus difficile.

En fait, je crains, qu’in fine, tout cela ne distende le lien, si ce n’est à la politique, aux politiques, et quand on ajoute à cela une importante loi sur la moralisation de la vie politique votée sous le coup de l’émotion sans tout le recul nécessaire, nous devons être très conscients des difficultés à venir !

En attendant, bonnes vacances à tous !

Amitiés,

Philippe FOLLIOT

Mon blog Vidéo