En citant Montesquieu lors de la séance du 20 janvier 2026 sur le texte relatif au « droit à l’aide à mourir », j’ai rappelé qu’il fallait changer la loi « la main tremblante ».
S’il est un domaine dans lequel le législateur doit, plus que tout autre, légiférer « la main tremblante », tant les conséquences de ses votes sont irréversibles, c’est bien celui-ci.
Car la perspective, pour notre société, de conférer à des médecins (fût-ce dans un cadre strictement encadré )le droit de donner la mort à une autre personne constitue un changement de paradigme, lourd de conséquences morales, éthiques et anthropologiques.
Si nous en sommes arrivés là, c’est aussi, et peut-être surtout, parce que notre société entretient une conception aseptisée, presque distante, de la mort. Comme je l’ai rappelé dans mes propos, autrefois, plusieurs générations vivaient sous le même toit ; la mort faisait partie de la vie, de la famille, du quotidien. Aujourd’hui, nos aînés en fin de vie vivent pour nombre d’entre eux dans des institutions et, bien souvent, nous quittent dans la solitude et le silence.
Je respecte profondément celles et ceux qui ne partagent pas mon analyse sur ce sujet. Mais je demande, avec la même exigence, que les croyances et les convictions différentes soient elles aussi respectées.
C’est dans cet esprit que j’ai voté pour la suppression de l’article 4, qui vidait ce texte de l’essentiel de sa substance, puis que j’ai confirmé ma position par un vote négatif sur l’ensemble du texte. Je demeure convaincu qu’avec les lois Claeys-Leonetti, nous disposons d’un point d’équilibre à la fois fragile et précieux.
Pour autant, je considère qu’un effort beaucoup plus ambitieux doit être engagé en matière de soins palliatifs.
C’est pourquoi j’ai voté le texte relatif à leur développement, tout en étant pleinement conscient que sa mise en œuvre devra faire l’objet d’une vigilance et d’une exigence constantes.